Mercredi 10 mars 2010
3
10
/03
/Mars
/2010
21:50
Le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, évènement phare de la littérature de jeunesse, est aussi au fil des ans devenu un modèle d'action culturelle.
Tout au long de l'année dans le "département le plus jeune de France et où les difficultés sociales des familles sont fortes", le SLPJ, association qui gère le Salon, engendre et promeut une
myriade d'actions imaginatives et stimulantes: rencontres, lectures, spectacles, ateliers, expositions, pour que le livre et la lecture existent là où ils ne sont pas d'emblée dans les
priorités.
Or, dans le contexte des difficultés financières auxquelles il fait face le Conseil Général de Seine-Saint-Denis envisage aujourd'hui une forte diminution de son soutien à cette action.
Le Salon vient de créer un blog, parallèlement à son site, sur lequel il lance un appel à messages. Depuis deux semaines, des auteurs, des auteurs-lecteurs, des illustrateurs, des
auteurs-illustrateurs, des bibliothécaires, enseignants, parents, ou simplement lecteurs s'y expriment. Tous les styles sont permis, certains n'envoient qu'un dessin, comme celui-ci, poignant,
d'Anne Herbauts, ou juste l'expression d'un soutien, d'autres racontent leur lien au livre, se racontent.
Encore une belle initiative. On va dire que ce ne sera pas la dernière. Allez voir,
c'est là.
Publié dans : Actualité des amis
1
-
Etant moi-même originaire de Saint-Denis, je trouve qu'il est vraiment dommage que sous prétexte qu'il s'agit d'une zone plus modeste que Paris intra-muros par exemple, sa population n'ait pas un accès à la culture et à toutes les cultures.
En effet, rester dans le style rap pour la musique ou dans le style roman sur la banlieue, c'est enfermer de facto les habitants dans un ghetto de pensée autrement pernicieux et difficile à briser que le ghetto social ou géographique.
D’autre part, au risque de choquer, cela me révolte qu’on prenne le prétexte de l’origine familiale pour expliquer une éventuelle moins bonne maîtrise de la langue. Ce n’est pas parce qu’on parle une autre langue que le français à la maison que les jeunes ne sont pas capables d’assimiler parfaitement la langue nationale. Sinon, comment expliquer que les alsaciens nés avant guerre qui parlaient alsacien chez eux, qui ont parfois appris l’allemand à l’école pendant une partie de leur scolarité, parlent aujourd’hui français parfois mieux que des jeunes nés en France et qui ont fait la totalité de leurs études en français.
Cela me semble bien la preuve que c’est notre système social, éducatif et culturel, qui n’est plus capable d’enseigner correctement les langues (française ou étrangères d’ailleurs) et c’est dommage.
Bonne journée.