Il est temps, plus que temps de recommander hautement le livre de Muriel Bloch La sagesse de la conteuse, paru cette année aux éditions L'Oeil Neuf.
On y découvre d'où viennent les contes qu'elle offre sur scène comme un surgissement, dans quelle chimie ils s'élaborent, dans quels creusets ils naissent en même temps qu'ils se pensent, se
peaufinent, se comparant, se réfléchissant les uns aux autres. Et ces creusets, chaudrons, sont de si multiples livres, de toute sortes et de si multiples cultures qu'on en reste étonnés, séduits
et émus.
Ainsi nous conduit-elle, par ses chemins, de Kafka à Pierre Jakez Hélias, en passant par Roubaud, Elias Canetti, Mohammed Dib, Edouard Galéano, William Irish ou encore Flaubert et tant d'autres, et
ses chemins traversent les cinq continents, les mille régions et les cent départements.
Puis les contes naissent de ces lectures constantes et voyageuses, comme une restitution, la sienne, celle l'auteur-conteuse qui rappelle quelque part au passage, comme sans y toucher, le bel
adage tunisien "Ce que tu reçois de la taille d'une main, rends-le de la taille du bras." D.Saulnier
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